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Au Gabon, les footballeurs réclament 1,4 milliard de francs CFA


Alors que le coup d’envoi du championnat gabonais a été annoncé pour le 14 mai, ce dernier pourrait finalement ne pas avoir lieu. C’est la menace brandie par les footballeurs professionnels. Ils réclament le paiement des dettes dues à leurs clubs par le ministère des Sports, sur trois saisons. Une somme qui équivaut à 1,4 milliard de francs CFA.

Les footballeurs gabonais réclament des arriérés de salaires sur trois saisons.

Après deux années d’arrêt, officiellement en raison du Covid, le championnat de football du Gabon va reprendre ses droits le 14 mai. C’est la date annoncée par la Ligue nationale de football (Linaf), du moins pour le moment. Car passées les notes d’espoir suscitées par cette annonce, la grogne a très vite repris dans les rangs des joueurs. Et pour cause, regroupés au sein de l’Association nationale des footballeurs professionnels du Gabon (ANFPG), ils ont tenu à rappeler qu’ils attendent encore le paiement de leurs salaires sur pas moins de trois saisons. Au total, l’ardoise s’élève à 1,4 milliard de francs CFA, soit environ 2,14 millions d’euros. Une somme que le ministère des Sports doit régler aux clubs pour les saisons 2016-2017, 2017-2018 et 2019-2020.

Nuit blanche devant le ministère pour protester

« La meilleure manière de respecter ces footballeurs abandonnés depuis plus de deux ans est de régler dans l’urgence cette dette avant la reprise du National-Foot », a argumenté le président de l’ANFPG, Rémy Ebanega. « C’est leur droit le plus fondamental et j’invite tous les footballeurs et anciens footballeurs concernés à rester solidaires pour faire valoir leurs droits. » Et c’est dans cette optique que des joueurs se sont rendus devant le ministère des Sports du Gabon pour faire entendre leur colère et surtout réclamer leur dû. « On vient insister pour notre dette. Parce que sans argent il n’y aura pas de reprise du championnat. Les joueurs sont vraiment épuisés et fatigués. Les footballeurs gabonais souffrent depuis deux ans », a soufflé l’un d’eux, dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux par l’association.

« La pire crise du football africain », pour la Fifpro Afrique

Sauf qu’en face, les joueurs ont trouvé portes closes et n’ont pas pu rencontrer le ministre des Sports du Gabon, Franck Nguema. Ils ont alors pris la décision d’organiser une nuit blanche devant l’Institution histoire de maintenir la pression. Face à leur insistance, des membres de l’entourage du ministre ont accepté de les recevoir. « Nous avons été reçus par le directeur de cabinet. Il a souligné des points qui nous prouvent que le footballeur n’est pas respecté », a déploré l’un des membres de l’ANFPG à la sortie de cette rencontre. « Mais nous savons que le président de la République, a sans doute décaissé des fonds pour que le football reprenne vraiment vie. Malheureusement, les choses ne se font pas comme telles. Ils nous ont dit que l’Etat paye toujours ses dettes. Maintenant, la question est de savoir comment lancer un championnat sans examens, sans régler la dette ? »

C’est donc sans réponse concrète que l’ensemble des joueurs a veillé jusqu’au petit matin devant les grilles du ministère. Une situation qui a interpellé la Fifpro, le syndicat mondial des footballeurs professionnels, ainsi que sa division Afrique, qui déplorent cette situation qualifiée de « pire crise du football africain ». Le syndicat se demande « qui en sifflera la fin ? » Une question sans réponse pour l’heure, alors que du côté des autorités au Gabon, le silence face à cette situation reste le maître mot.

Mansour LOUM





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