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Georges Bweillat a sorti le livre Les stars du football sur les Diables rouges


La sélection du Congo vainqueur de la CAN 1972.

5 mars 1972-5 mars 2022, il y a cinquante ans que le Congo-Brazzaville remportait la CAN de football au Cameroun. Un livre vient d’être publié en hommage non seulement aux héros de Yaoundé, mais aussi à ceux qui ont marqué de leur empreinte le football congolais durant ces cinquante dernières années.

Et si le livre était la meilleure prestidigitation pour mieux revivre ou faire revivre le passé ? Plus qu’une prétention, le livre Les stars du football de Georges Bweillat se veut une réponse à cet «irrépressible besoin de rendre hommage aux stars de notre football», explique le journaliste à la retraite.

À commencer par les vainqueurs de la huitième CAN de football. C’est en effet le 5 mars 1972 que la sélection du Congo remporte l’unique CAN de son histoire par un score de 3-2 devant le Mali.

De Maxime Matsima à François Mpelé en passant par Paul Sayal Moukila, Michel Mbono et Jacques Yvon Ndolou, aucun héros de Yaoundé n’a été oublié. Y compris ceux qui n’avaient pas été sélectionnés. «À l’époque la liste de sélectionnés était arrêtée à 22 joueurs, explique encore Georges Bweillat. Si c’était aujourd’hui, Ndomba, Ebomowa et Ngot auraient dû faire le déplacement de Yaoundé. Toutefois, au retour des Diables rouges, ils ont voyagé avec leurs coéquipiers pour présenter le trophée à l’intérieur du pays.»

Des Congolais en rouge devenus les Diables

Agé de 20 ans cette année-là, Georges Bweillat faisait la navette entre le lycée et Radio Pointe-Noire, un organe public local où il s’exerçait au journalisme. Il fera partie de l’équipe de journalistes qui accompagnèrent l’équipe nationale dans trois grandes villes du pays, Brazzaville, Dolisie et Nkayi, pour présenter le trophée aux Congolais.

Avant cette huitième CAN, l’équipe nationale congolaise se nommait «Congo Sports». Fasciné par la prestation des Congolais lors du match de poule contre le Soudan, le célèbre journaliste français Jacques Ferran s’exclame : «Finalement, ce sont des diables, ces Congolais».

Un surnom que Ghislain Joseph Gabio et Germain Bisset, les deux envoyés spéciaux de la Voix de La Révolution congolaise (actuelle Radio Congo) et les autres journalistes vont récupérer pour désigner l’équipe nationale congolaise.

Et dans un contexte où le Congo était un pays rouge, en référence à l’idéologie marxiste-léniniste dans laquelle s’était engagé le pays dans le mitan des années 1960, l’ajout de l’adjectif «rouge» en valait la chandelle.

«C’était jouissif»

Des Diables dont l’épopée ne s’arrête pas en 1972. Si en 1974, les Diables Rouges ne rééditent pas l’exploit de Yaoundé en quittant le Caire à la quatrième place, le Club athlétique renaissance aiglon (CARA) de Brazzaville remporte la Ligue des champions en battant en finale au Caire le club de Mehala d’Égypte.

«Je n’étais pas (à la CAN) en 1972, mais je suis fier d’avoir fait partie des champions d’Afrique de 1974. C’était jouissif, savoure l’ancien ailier droit. C’était le plaisir au plus haut degré», se souvient Sébastien Lakou dit surnommé la boussole par la presse locale, parce que «soi-disant j’avais l’art d’orienter mon équipe vers une bonne direction, même quand elle était en difficulté, d’après des journalistes».

Sur le plan individuel, Paul Sayal Moukila, décroche le Ballon d’Or africain. Il damait le pion à des colosses dont Ndayé Mulamba du Zaïre (actuel RDC), vainqueur et meilleur buteur de la CAN 1974 et représentant africain au Mondial de cette année.

La joie d’être honoré à titre anthume

Si depuis 1974, le football congolais ne brille plus de mille feux, les talents ce n’est pas ce qui manque. Et ces cinquante
dernières années, chacun a écrit son histoire. Dans Les stars du football, le lecteur tombera sur des noms comme Michel Massamba dit Mams. Il est l’unique Congolais avoir marqué d’une une bicyclette hors de la surface de réparation.

Sans oublier la Génération 2000 dans laquelle on trouve des cadres tels que Thievy Bifouma, Delvin Ndinga et Prince Oniangué. Une génération qui peine à reconquérir le statut qui était celui des Diables rouges par le passé. Avec de nombreuses contreperformances dont les qualifications au Mondial 2022 et à la récente CAN au Cameroun.

Toutefois, l’œuvre de 134 pages est un florilège de bio express de joueurs. «C’est une encyclopédie. Et comme dans chaque encyclopédie, ici, la présentation de chaque joueur est faite par ordre alphabétique et non par ordre de mérite, car tous ont mérité», explique Georges Bweillat.

Une manière «d’immortaliser nos joueurs en ce 50ème anniversaire du sacre. D’autant plus que nombreux dont Félix Foutou (décédé en août dernier à Pointe-Noire), quittent ce monde dans l’anonymat total», se félicite Georges Bweillat.

«Quelle satisfaction que de savoir qu’on a fait l’objet d’un hommage à titre anthume !», s’exclame Lakou. Un sentiment que lui et les autres Diables rouges éprouveront davantage lors de la présentation du livre à une date à définir.

John Ndinga-NGOMA



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