Sports

Guinée : la formation des coachs locaux, un casse-tête pour la Direction Technique Nationale


« Huit ans sans stage de formation pour les techniciens locaux »

Le Horoya AC, l’académie SOAR, le Milo FC et la SAG de Siguiri vont représenter la Guinée en compétitions interclubs (Ligue des champions et Coupe CAF). Ne disposant pas de la Licence CAF A exigée pour être sur le banc d’un club engagé en campagne africaine, le coach de l’académie SOAR qui a fini dauphin du Horoya AC a déploré cette situation : « on entraîne un club durant toute une saison. Quand c’est la campagne africaine, à cause d’un diplôme, tu ne peux pas être sur le banc. C’est frustrant et agaçant » lance Souleymane Camara ‘’Abédi’’.

Une situation qui crée des disparités au niveau salarial regrette le technicien : « Il arrive en Guinée qu’on nous propose (coachs locaux) 10 ou 15 millions parce qu’on n’a pas un CV riche tandis qu’on paye 30 ou 40 millions aux autres. Ça me fait très mal je vous avoue. J’ai passé toute ma vie à gagner, à faire de bons résultats et à apprendre. Comment allons-nous  apprendre si on n’a pas la possibilité de faire des stages pour avoir la licence CAF A ? » a regretté Souleymane Camara. Et d’enfoncer le clou.  « Après la Licence CAF B que nous avons faite, il y a huit ans maintenant qu’on est sans la licence CAF A. C’est administratif. On a une Direction Technique Nationale, c’est à elle de répondre aux questions liées aux diplômes CAF. C’est vraiment ridicule et dommage » a-t-il déploré.

La DTN contrattaque…

Du côté de la Direction Technique Nationale, on tente de justifier ce manque de formation des techniciens en Guinée. « On est conscient qu’il y a un déficit. Mais ça ne dépend que de la Confédération Africaine de Football parce que ce sont eux qui donnent le quitus. On a envoyé une délégation avec toutes les preuves pour dire que nous sommes en mesure d’organiser ce stage. L’UEFA a envoyé le manuel qu’on a mis en place sur lequel on doit se référer » a soutenu Chérif Souleymane. Le ballon d’or africain 1972 annonce par ailleurs que des démarches ont été entreprises pour palier à cette anomalie : « Nous avons déjà programmé le stage pour la Licence B. Il était question de trouver les experts qui devaient venir dispenser les cours. Ça dépend de l’acquisition des experts. Si vous n’êtes pas sur le panel ce n’est pas possible. Depuis l’année dernière, on court derrière ça. Entre la Licence B et la Licence C, il y a deux ans de pratique et ils ont déjà fait plus de deux ans » rassure l’ancien international guinéen.

…sans convaincre

Des arguments loin de convaincre le journaliste sportif Mohamed Cissé. Ce confrère pointe du doigt la Direction Technique Nationale. « C’est catastrophique dans la mesure où on est dans un pays où le football est le sport roi. Huit ans sans organiser une formation pour les entraîneurs qui aiment tant ce sport, c’est une éternité. Le cabinet mis en place pour gérer cette DTN n’a tout simplement pas assumé sa responsabilité. De la Licence D à la Licence B, ils sont nombreux ces instructeurs à ne pas bénéficier de formation. Dans tout le pays, il n’y a qu’un seul coach détenteur de la licence A. C’est une catastrophe pour le pays » tranche-t-il.

Avec la campagne africaine qui arrive à grands pas, comme avec le Horoya AC ces dernières années en campagne africaine, les adjoints risquent de prendre place sur le banc de touche en campagne africaine. A cette date, la Guinée n’a qu’un seul entraîneur disposant d’une Licence CAF A. une triste réalité, voire une anomalie dans un pays où le football déchaîne les passions.

Mamadou Gongorè DIALLO

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